Notre histoire

Histoire du laboratoire

Bordant les jardins du palais universitaire, tout près du jardin botanique de l’Université de Strasbourg, le LNCA occupe une partie du bâtiment hébergeant aussi la Faculté de Psychologie. Comme d’autres bâtiments universitaires du campus dit historique, celui-ci appartient à la « Neustadt » - littéralement la « nouvelle ville » - édifiée sous le règne de l’empereur Guillaume 1er (1797-1888). L’armée prussienne et plus de 200.000 obus  avaient fait capituler Strasbourg en septembre 1870, après 46 jours de résistance. Au départ, le bâtiment accueillait l’Institut de Chimie de la Kaiser-Wilhelm-Universität, créée à partir de 1872.

L’histoire du LNCA, riche et complexe à la fois, remonte à plus de 40 ans. En effet, sous l’impulsion de Bruno Will et Christian Kelche, un premier laboratoire a vu le jour le 1er octobre 1982. Il se nomme alors LNC : Laboratoire de Neurobiologie des Comportements. Le fil conducteur des recherches qui y sont menées est l’analyse du comportement selon un angle neurobiologique : on cherche à comprendre la manière dont le cerveau détermine certains comportements, et on étudie la capacité de cet organe à récupérer certaines fonctions altérées à la suite d’une lésion.  Les expériences explorent les effets de l’enrichissement physique et social de l’environnement, de l’administration de facteurs neurotrophiques, ou encore de greffes intracérébrales de neurones fœtaux, sur les capacités d’apprentissage de rats au cerveau endommagé.

Ces recherches, menées au cours des années 1980 dans un champ encore balbutiant, ont transformé notre compréhension de la plasticité cérébrale, en révélant la capacité du cerveau à s’adapter, à se réorganiser, voire à se réparer, ouvrant ainsi des portes inédites vers des thérapies innovantes pour les lésions cérébrales, les maladies neurodégénératives et les traumatismes du système nerveux. En 1989, le LNC devient le DNBC (Département de Neurophysiologie et Biologie des Comportements) et, en tant que département, fait partie du centre de neurochimie du CNRS. En 1992, le laboratoire devient le LNBC (Laboratoire de Neurobiologie des Comportements) avant d’être renommé LN2C (Laboratoire de Neurosciences Comportementales et Cognitives) en 1995. En 2007, le LN2C deviendra le LINC (Laboratoire d’Imagerie et Neurosciences Cognitives) dirigé par Christian Kelche. En 2013, le LINC devient LNCA (Laboratoire de Neurosciences Cognitives et Adaptatives). dirigé par Jean-Christophe Cassel, jusqu’à fin 2023 et par Chantal Mathis depuis 2024.

Recherche actuelle : vers une compréhension neurobiologique des processus cognitifs et adaptatifs et de l'évolution de la cognition

Depuis les découvertes fondamentales des années 1980 sur la plasticité cérébrale, le laboratoire poursuit aujourd’hui une recherche approfondie sur les mécanismes neurobiologiques et moléculaires qui sous-tendent les processus cognitifs, émotionnels et motivationnels, tant dans des conditions normales que pathologiques.

Plusieurs systèmes de mémoire nous permettent d’inscrire, dans notre système nerveux, des traces durables de nos expériences. Ces traces organisent et adaptent nos comportements aux contraintes de notre environnement. Dans certaines circonstances (maladies neurodégénératives, troubles du comportement alimentaire, adversités de la vie, douleur, vieillissement…), le cerveau peut faillir et être à l’origine de comportements inappropriés.

Le terme de plasticité décrit la dynamique des processus cérébraux mis en œuvre en réponse à un signal environnemental. Il s’intéresse à la plasticité qui sous-tend les mécanismes neuroadaptatifs mis en jeu au cours de la vie (de la petite enfance au grand âge) dans une situation normale ou anormale (maladie neurodégénérative, troubles du comportement alimentaire, douleur et stress). Ces mécanismes nécessitent des changements et des réorganisations durables à l’échelle moléculaire et cellulaire, mais aussi à celle des circuits neuronaux et des réseaux cérébraux.

À partir de différents modèles humains et non-humains et approches modélisant, par exemple, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Huntington, l’hyperphagie boulimique, la privation maternelle, la douleur chronique et le vieillissement, les travaux du laboratoire visent à décrypter la dynamique des systèmes fonctionnels et les mécanismes neurobiologiques et moléculaires qui sous-tendent les processus cognitifs, émotionnels et motivationnels dans des conditions normales ou pathologiques.

Par ailleurs, en adoptant des approches issues des sciences comportementales et des neurosciences, le laboratoire s'intéresse à l'évolution de la cognition afin de mieux comprendre l'histoire évolutive de nos capacités cognitives, sociales et culturelles.